Les représentations des migrations – séance #2

Séminaire d’équipe
Les représentations des migrations

Séance 2 : « La photographie en question »
Le mercredi 19 juin 2019 à la MSHS, salle Gargantua

 

Ancrées dans les démarches de terrain, les recherches sur les migrations mobilisent largement la photographie. Lié aux méthodes d’observation, l’outil photographique s’avère également un puissant vecteur de représentation des migrations. L’appareil photo se révèle bien souvent comme instrument du regard, premier capteur d’appréhension de la réalité à saisir (Calbérac, 2010). Ensuite, les photographies réalisées « sortent » du terrain pour alimenter les analyses et productions scientifiques. Mais malgré son omniprésence, cet outil suscite assez peu de commentaires de la part les chercheurs. Comme l’indique S. Conord « Le contexte de la prise de vue, les choix du cadrage photographique et de l’angle de vue, la méthode de recueil des données visuelles, le rôle de la prise de vue dans la relation vécue entre l’observateur et son terrain sont rarement interrogés, commentés. » (2007, p. 11). Quels choix déterminent la pratique photographique sur le terrain ? Quels sont les différentes places que peuvent prendre les photographies dans une démarche d’enquête, de l’illustration à la production de données ? Comment s’articulent le positionnement du photographe avec l’éthique de terrain ? Enfin, comme l’avènement du numérique a-t-il pu modifier les liens entre photographies et études migratoires, aussi bien en terme de prise de vue que de diffusion ? Au-delà de ses liens avec l’enquête de terrain, la photographie peut aussi être un objet d’analyse, en tant qu’ « images sociales » (La Rocca, 2007). Les chercheurs décryptent alors les photographies réalisées par les migrants et diffusées sur les réseaux sociaux, mais aussi les images médiatiques qui participent aux représentations sociales du fait migratoires dans les sociétés d’accueil. Parfois, la photographie est même un support pour le développement de démarche de recherche participative avec les migrants eux-mêmes, qui deviennent eux-mêmes producteurs de représentations des migrations. Enfin, la photographie questionne le statut du photographe et le travail de recherche collective, à l’interface entre science, art et reportage. Comment la connaissance scientifique s’enrichit et/ou s’hybride à travers des approches et des acteurs issues d’autres sphères ? C’est autour de cet ensemble de questionnements et de projets photographiques divers tant géographiquement que thématiquement, que la 2e séance du séminaire « Les représentations des migrations » propose d’échanger avec des chercheurs et des photographes.

PROGRAMME

10h-12h30

• Propos introductif par Brenda LE BIGOT (géographe, Maîtresse de conférences, Univ. de Poitiers, Migrinter)
« La photographie pratiquée par les ‘’migrinteriens’’, aperçu réflexif »

• William BERTHOMIERE (géographe, chercheur CNRS, Laboratoire PASSAGES), Christophe IMBERT (Professeur, Université de Rouen / UMR IDEES) et Céline GAILLE (photographe)
« Épreuves photographiques, épreuves de recherche : comment fixer des ancrages incertains ? »

14h-17h

• Frédéric PIANTONI (géographe, Maître de conférences, Univ. de Reims, Ceped)
« La photographie comme pratique de représentation et corpus de recherche sensible appliquée à l‘étude des situations en migration. »

• Jean-François FORT (photographe, Poitiers)
« Des Rohingyas dans les camps du Bangladesh aux migrants à Poitiers, retour sur deux projets photographiques » (titre provisoire)

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