Alice Latouche

Doctorante
Allocation ministérielle
Migrinter (CNRS-UMR7301)
MSHS – Bâtiment A5
5 rue Théodore Lefebvre
TSA 21103
F 86073 POITIERS CEDEX 9
Tel. 05 49 45 46 43 (bureau des doctorants)

Titre provisoire de la thèse : Exilées sans refuge : l’impact de l’appropriation du lieu sur la vulnérabilité des femmes migrantes en Grèce.

Directrice : Adelina Miranda

Co-directrice : Jane Freedman (CRESPPA-GTM, Paris 8)

Résumé : Ce projet de thèse propose de repenser la catégorie de la « vulnérabilité » dans laquelle s’insèrent les femmes en exil. Afin que cette catégorie ne soit pas pensée comme un attribut ontologique lié au genre, il convient d’interroger les conditions qui, dans un espace donné, produisent et naturalisent la vulnérabilité des femmes. A travers deux dispositifs d’accueil différents, les camps des hotspots sur les îles grecques, et les squats à Athènes, il s’agira d’observer les éventuelles recompositions des rapports de genre et de pouvoir qui s’effectuent  dans ces lieux, mais également la manière dont les femmes peuvent, ou non, s’approprier ces espaces. Un des enjeux de ce travail consistera à mettre au jour les stratégies élaborées par les femmes pour dépasser les contraintes liées à leur mobilité dans les hotspots. En miroir, ces tactiques invitent à repenser les capacités de résilience qui ne sont pas reconnues dans la définition et les critères de la vulnérabilité. Elles soulèvent également la question des obstacles qu’affrontent les femmes dans leshotspots, leur accès difficile aux lieux publics, autrement dit à l’impact des politiques migratoires sur l’expérience des femmes en exil. Face aux camps, il conviendra d’étudier des formes alternatives d’accueil pour les femmes qui se sont développées dans certains squats à Athènes. Il s’agira alors de s’intéresser à la construction de collectifs de femmes migrantes dans ces espaces, afin d’analyser si l’exil peut comprendre des temps et des lieux d’autonomisation, où les rapports de genre peuvent être repensés, réinventés.

L’enjeu principal de cette étude sera donc d’analyser l’appropriation ou la réappropriation d’un lieu par les femmes exilées afin de déconstruire la catégorie de la vulnérabilité, et essayer de la dépasser. In fine, cette recherche interrogera la possibilité d’autres formes de protections et d’un autre accueil pour les femmes migrantes.

Ce travail de recherche privilégiera des entretiens qualitatifs, des observations participantes dansles camps et les squats. Cette méthode ethnographique sera croisée avec une analyse géographique visant à élaborer la représentation subjective que ce font les hébergées de ces lieux, les espaces perçus comme « ressources », et ceux qui doivent être évités car présumés dangereux.

Cursus universitaire :

  • 2016-2017
  • Master 2 Etudes Politiques – Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS). Mémoire intitulé « De l’invisibilité au rêve de l’autonomie : étude des femmes migrantes isolées dans le centre d’hébergement d’urgence d’Ivry-sur-Seine« , sous la direction d’Evelyne Ribert. Mention Très bien.
  • 2015-2016
  • Master 2 Coopération Internationale, Action Humanitaire et Politiques de Développement – Université Paris 1 Panthéon Sorbonne. Mention Très bien.
  • 2014-2015
  • Master 1 de Sciences Politiques – Université Paris 1 Panthéon Sorbonne. Mémoire intitulé : « Penser la question de l’immigration après l’arrivée de Syriza : entre espoirs et revendications, une fenêtred’opportunité pour les exilés en Grèce ?« , sous la direction de Jérôme Valluy. Mention Bien.
  • 2010-2012
  • Hypokhâgne et Khâgne –Classe préparatoire aux grandes écoles à Lakanal, Sceaux.
  • 2010
  • Bac, série L –Lycée Bernard Palissy, Gien. Mention Bien.

Colloques :

  • 2018
  • Conférence organisée par l’association « Sexprimons-nous » intitulée « Voyages sans trêves, parcours de femmes exilées », à Sciences-po Bordeaux. Communication centrée sur l’invisibilité du genre dans les politiques migratoires en France.
  • Biennale de l’Ethnographie à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales.Communication dans le cadre de l’atelier « Derrière les portes des centres d’hébergement d’urgence ».

Séminaire :

  • 2017
  • Intervention dans le cadre du séminaire « Genre, corps et sexualité dans l’espace (post-)ottoman », dirigé par Fabio Giomi (EHESS), séance intitulée : « Les femmes migrantes et le concept d’intersectionnalité : un combat pour l’autonomie ».

Autres activités :

  • Membre du pôle valorisation du Réseau Migration (2018 – )
  • Co-réalisatrice de la série documentaire « Exilées » visant à donner la parole aux femmes en exil.

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